Je suis nostalgique contre mon gré.
Contraint et forcé je vous dis.
Je n’y peux rien : c’est rapport à l’Australie.
Y a pas à tortiller, à chaque fois que je dis que je reviens de plusieurs années à Sydney, je ne coupe pas à la question qui tue : « mais pourquoi diable es-tu rentré ?? »
Et encore là, je vous fais la version châtiée.
Et moi de lister les raisons forcément raisonnables d’un retour que l’on m’assure regrettable. « Et ça va ? Pas trop dur le retour ? ».
Ben non mon couillon, tellement le pied de se les cailler sévère, de courir comme un lapin dans les souterrains fétides de la ville des lumières ou d’avoir une mine de papier mâché pendant 10 mois de l’année…
C’est sûr que si on compare, on saute sur la prochaine promo Qantas et on se barre…
Et quand je dis « j’aime Paris », le regard de mon interlocuteur rappelle celui d’une danseuse étoile devant un tracteur : un vide béant dans lequel se balance en grinçant, un sourire muet qui se veut rassurant.
Alors à force, une telle empathie, ça attaque. Ca saisit sournoisement. Ca développe assurément une vilaine lassitude. Jusqu’à constater l'érosion prononcée des bases pourtant solides de ma positive attitude…
Voilà que regarder derrière me fout par terre.
Soupir.
Merci les gens.
Bon, d’accord. Quand on sait en ce début d’hiver le temps qu’il va faire à l’autre bout de la Terre, on comprend mieux pourquoi les joies du vélib, les plaisirs de la french cuisine ou le bonheur des musées n’ont plus mon agrément…
C’est dire si mon gré ment.










