Thursday, April 12, 2007

Je suis statique.

On dit que les voyages forment la jeunesse. Moi je veux bien mais la jeunesse, ça s'arrête où exactement?

Je dois être vieux décidément. Car de passage ces jours-ci dans le pays où j'ai grandi, j'ai la curieuse impression de ne jamais en être parti.
Pas formé ni déformé le bv. Après toutes ces années en vadrouille à l'étranger, j'ai retrouvé Paris et ses merveilles comme si je les avais quittés la veille.

Bon d'accord, je ne suis probablement plus le même à l'intérieur, transformé-vous-pensez-bien par mon aventure chez les surfeurs.
Mais voilà, je suis ennuyeusement identique aux abords.
On va dire jeune au fond... et vieux sur les bords.

Je les croyais envolés et pourtant, les repères de ma vie ancienne reviennent au galop prendre d'assaut ma visite parisienne.

Est-ce un bien, est-ce un mal ? C'est un fait. J'ai posé le pied sur mon sol natal comme si je revenais d'une balade de santé. Rien n'a changé.
J'ai beau avoir traversé la planète en diagonale, je me retrouve comme chez moi quand je flâne dans la capitale.

Comme si le temps s’écoulait sans avancer. A l’image de ces jets d’eau à la Concorde qui baignent pour l’éternité d’intemporelles danaïdes dans un décor splendide.


Depuis, j'ai mis le cap au Sud. Destination Provence où je retrouve la ville d'eau de mon enfance. Saveurs de thym, senteur lavande, bain de famille nombreuse. Où chacun reprend sa place. Encore. Comme si le chemin parcouru n'avait pas d’importance...

Mais où faut-il donc aller pour s’assurer qu’on avance?...

photo bv

Thursday, April 05, 2007

Je métaphore… pas.

Sommes-nous des Monsieur Jourdain en puissance ?
Certes bourgeois savants de la prose sans effort, sommes-nous sans le savoir les rois vivants de la métaphore ?

L’art du transfert. Le cinéma des mots. L’image évidente qui fait mieux passer le sens.

Une question pointue peut-elle blesser, un ami débordé va-t-il se noyer et un propos succulent colle-t-il aux dents ?

Notre langue est vivante. Et la mienne bien pendue. Aussi je n’irai pas par quatre chemins : souffrez que je jongle avec les mots pour apporter mon eau à ce moulin. Je meurs d’envie de faire lumière sur cette affaire.

C’est que, sans sortir de la cuisse de Jupiter, j’ai plus d’un tour dans ma gibecière. Laissez-moi vous rafraîchir la mémoire : j’ai roulé jadis ma bosse dans les dictionnaires et j’en connais un rayon sur les perles de notre vocabulaire.

Loin de traiter le sujet par dessous la jambe, je veux l’illustrer de propos qui cognent. Tordre le cou aux idées reçues. Trouver des mots qui résonnent. Même si entre nous, j’accorde peu de crédit à un bruit qui court.

Quand tout à coup ma pensée se fige.

A me déboutonner ainsi, je prête le flanc aux médisants. De mordants railleurs m’attendent au tournant. Les ennuis me pendent au nez, un retour de manivelle est si vite arrivé…

Alors plutôt que de sauter sans filet, j’ôte ma tête du billot.
Je prends sur le champ mes jambes à mon cou et me retire sans tambour ni trompette de ce verbiage sans queue ni tête.

Moi, la métaphore ? Connais pas.
Jamais je ne mangerai de ce pain là.

Friday, March 30, 2007

J'enrage.

Je suis en voyage. Et peut-être l'avez-vous remarqué: je suis en retard pour mon billet.

Parti hier aux aurores avec ma clef USB et mon téléphone-agenda-appareil-photo-mini-PC-portable-que-même-y-ferait-le-café-si-on-lui-demandait, j'assure à mort.

Tranquille, je me dis. J'ai la technique avec moi, je vais pouvoir pousser mon croa.

Erreur.

Je suis coincé à Narita à Tokyo depuis hier et mon engin qui fait tout, ici ne veut plus rien faire. Bernique pour l'accès à mes fichiers numériques...
Allons bon.

Nous sommes vendredi matin et toujours rien.

Je me dis bv, il faut réagir.
J'investis 100 yens dans le cybercafé du coin. Et je tire. J'improvise.
Ca prend du temps. Je double la mise.
Deux fois. Trois fois.

Je n'en reviens pas. Me voilà au pays des nippons champions de l'avancée technologique, à chercher l'inspiration l'oeil rivé sur un stupide compte à rebours automatique.

Plus mon avion qui décolle dans vingt minutes. Faire vite.

Va pas casser trois pattes à un canard ce cri-là.

Alors soyez un brin indulgents cette fois.
C'est que, vous comprenez, c'est mon premier cri d'amphibien à capella...

Thursday, March 22, 2007

Je fête le Pont.

75 ans.
Pas moi, le Pont.
Le Sydney Harbour Bridge a fêté cette semaine ses 75 printemps.

Ils étaient des milliers dimanche dernier, à fouler le pavé en hommage à l’aïeul d’acier.

Certes l’édifice australien riveté fait figure de gamin à côté de notre plus que centenaire Dame de fer.
Mais il impose le respect.

Passer sous la structure métallique pour nous jeunes immigrés, a des vertus symboliques. Un tunnel dédouble la traversée souvent congestionnée de la Baie : je ne le prends jamais. Même si c’est plus long, j’aime franchir le Pont.
Quand je roule sur la chaussée suspendue, j’ai, comment dire, l’impression d’appartenir. Sydney j’y suis, j’y vis…

Le Pont, cœur majeur de la vie active. Acteur porteur de l’image de la ville.
C’est qu’il en a bavé le monument arqué…

L’ouvrage d’art commence son règne en fanfare. Un fou à cheval fend la foule au baptême, déchire le cordon à un galop d’enfer laissant les officiels blêmes les ciseaux en l’air.

Cinq ans plus tard, l’enjambeur flambeur d’une autre baie le relègue au placard. Surgi du brouillard dans son habit rouge pétard, le Golden Gate joue les annexes de Sunset Boulevard et se projette en vedette à l’affiche des ponts stars.

En 1973, un coup du sort fait du Seigneur de la Baie un distingué Prince Consort : l’Opéra enfin terminé déploie à ses pieds son incroyable design et devient de Sydney le porte étendard attitré.

Beau joueur, notre Pont passe le flambeau sans rancoeur.
Il a alors 40 ans. N’est-ce pas l’âge idéal pour un repositionnement ?





Photos MW

Thursday, March 15, 2007

J’essuie un lapin.

Deux potes m’ont donné rendez-vous pour déjeuner.

12h05 : j'envoie un mail aux concernés, je vérifie.
C’est qu’après 3 tentatives en un mois avortées de leur fait, je me méfie.

12h20 : pas de réponse. C’est bon signe, j'y vais. Coup de bol, il ne pleut pas. Je vais marcher, ça me dégourdira.

12h35 : j'arrive au Resto. Personne. Je m’enquiers d’une résa que je n’étais pas censé faire. J’essaie tous les noms. Bredouille.
Bonjour l’embrouille. Une table à l’instant se libère.

- « Vous la voulez ? »
- « Heu, non merci, je vais tenter un coup de bigo ».

Un coup de bigo, bien sûr bv, tu n'as même pas leurs numéros.

Coincé, je suis coincé.
Ca sent le lapin. Je mijote un brin. Peut-être suis-je en avance. Je leur donne une chance. Je suis un gentil dans le fond. Optimiste. Ou couillon, quelquefois on confond.

Je check mes mails. Rien.

12h50 : mail « Désolé, c'est annulé ». Ah bon? Ne m'en serais pas douté. Merci de me prévenir au débotté. « Trop occupés »
Parce que je n'ai rien à foutre moi, vous comprenez.

Je sors. Tant que je suis là, je m'achète un sandwich à la boulangerie française à côté… et une tarte au citron, allez.

Je m'assois sur un banc pour becter. Ca tombe bien : du pain à mâcher fera des vacances à mes nerfs agacés.

Je relativise. Pas si grave en fait.
Je reviens au bureau. Question à chaud.

- "C'était sympa ton déjeuner?"... Regard glacé.

Moralité. Il y a des gens qui trop souvent oublient, que l’amitié c’est comme les carottes : à trop la râper, elle finit en guenilles.

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La "rédac du mois des expats" a eu lieu sur le thème "votre pire expérience cullinaire". Pas inspiré ce coup-ci, j'ai pris des libertés avec le sujet... Mais mes petits camarades ont été plus appliqués. A vous de juger:
Laurent, Aurélie V, Hervé, Fred, Bergere, Ervalena, René, Bertrand, Isabelle, Nathalie, Jojo, Aurélie N, Jean-Marc, bluelulie
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